Prélèvement à la source auto-entrepreneur : acomptes, taux et démarches
Dans cet article
Le prélèvement à la source a simplifié le calendrier fiscal pour tous les contribuables depuis 2019, mais pour les auto-entrepreneurs, il fonctionne différemment d'un salarié. Personne ne retient l'impôt à la source à votre place : c'est l'administration qui prélève directement des acomptes sur votre compte bancaire. Sauf si vous avez opté pour le versement libératoire de l'impôt. Voici comment s'y retrouver.
Deux régimes fiscaux pour le micro-entrepreneur
En tant qu'auto-entrepreneur, vous êtes soumis à l'impôt sur le revenu (IR) dans la catégorie BIC ou BNC selon votre activité. Deux régimes coexistent pour régler cet impôt :
- Le prélèvement à la source classique (régime du barème progressif) : l'administration calcule des acomptes sur la base de vos revenus des années précédentes, qu'elle prélève directement sur votre compte bancaire chaque mois ou trimestre. Une régularisation intervient à l'été suivant votre déclaration de revenus.
- Le versement libératoire de l'impôt sur le revenu (VL) : vous payez l'impôt en même temps que vos cotisations sociales lors de chaque déclaration de chiffre d'affaires à l'URSSAF. Le prélèvement à la source classique ne s'applique alors plus.
Ces deux options ont des implications concrètes sur votre trésorerie. Le bon choix dépend principalement de votre taux marginal d'imposition et de la régularité de votre chiffre d'affaires.
Comment fonctionnent les acomptes du prélèvement à la source
Si vous n'avez pas opté pour le versement libératoire, vous êtes soumis au prélèvement à la source classique. L'administration fiscale calcule un taux personnalisé à partir du revenu fiscal de référence (RFR) de votre foyer, transmis lors de votre dernière déclaration de revenus.
Ce taux est appliqué à vos revenus professionnels et prélevé automatiquement sur votre compte bancaire selon ce calendrier en 2026 :
- Acomptes de janvier à août 2026 : calculés sur la base de vos revenus 2024 déclarés au printemps 2025.
- Acomptes de septembre à décembre 2026 : recalculés sur la base de vos revenus 2025.
Par défaut, les prélèvements ont lieu le 15 de chaque mois. Vous pouvez opter pour un rythme trimestriel (15 février, 15 mai, 15 août et 15 novembre), ce qui peut aider à lisser la trésorerie.
En cas de variation importante de votre chiffre d'affaires, la modulation est possible depuis votre espace particulier sur impots.gouv.fr, rubrique "Gérer mon prélèvement à la source". Une hausse de CA non anticipée peut générer un solde à payer important lors de la régularisation estivale : mieux vaut moduler à la hausse dès que possible.
Comme le détaille notre guide sur la déclaration de chiffre d'affaires auto-entrepreneur, la régularité de vos déclarations à l'URSSAF est indépendante de vos acomptes d'IR : les deux calendriers coexistent.
Le versement libératoire : payer l'impôt avec ses cotisations
Le versement libératoire (VL) est une option réservée aux micro-entrepreneurs dont le revenu fiscal de référence (RFR) du foyer ne dépasse pas 29 315 € par part de quotient familial (seuil 2026, calculé sur les revenus 2024). Quelques exemples :
- Célibataire sans enfant (1 part) : RFR 2024 < 29 315 €
- Couple marié sans enfant (2 parts) : RFR 2024 < 58 630 €
- Couple marié avec 2 enfants (3 parts) : RFR 2024 < 87 945 €
Avec le VL, l'impôt sur le revenu est réglé lors de chaque déclaration de CA à l'URSSAF, en même temps que vos cotisations sociales. Le PAS classique ne s'applique plus : aucun acompte n'est prélevé sur votre compte bancaire.
Pour opter pour le versement libératoire au 1er janvier 2026, la demande devait être faite avant le 30 septembre 2025. Pour 2027, la date limite est le 30 septembre 2026 via votre espace autoentrepreneur.urssaf.fr.
Comme le montre notre guide sur les cotisations URSSAF de l'auto-entrepreneur, le VL s'ajoute aux cotisations sociales sans les remplacer. Le total à payer reste : cotisations sociales + versement libératoire IR.
Taux du versement libératoire 2026 et calcul concret
Le VL est calculé par application d'un pourcentage directement sur votre chiffre d'affaires déclaré, indépendamment de tout abattement forfaitaire :
| Activité | Taux VL | Cotisations sociales | Total prélevé sur le CA |
|---|---|---|---|
| Ventes de marchandises (BIC) | 1 % | 12,3 % | 13,3 % |
| Prestations de services BIC | 1,7 % | 21,2 % | 22,9 % |
| Activités libérales (BNC/CIPAV) | 2,2 % | 21,1 % | 23,3 % |
| Prestations BNC hors CIPAV | 2,2 % | 24,6 % | 26,8 % |
Exemple concret : un auto-entrepreneur prestataire de services BIC déclarant 2 000 € de CA mensuel paie (21,2 % + 1,7 %) × 2 000 = 458 € par mois lors de sa déclaration URSSAF.
Si votre chiffre d'affaires est nul un mois ou un trimestre, vous ne payez rien au titre du VL. Mais si vous percevez d'autres revenus au sein du foyer (salaires, loyers...), ceux-ci restent soumis au PAS classique.
Le VL est avantageux si votre taux moyen d'imposition est bas. Il l'est moins si vos revenus globaux placent le foyer dans une tranche marginale élevée : dans ce cas, l'abattement forfaitaire du régime micro (34 %, 50 % ou 71 %) associé au barème progressif peut être plus favorable. Pour comparer, consultez notre article sur les charges déductibles et l'abattement forfaitaire.
Moduler les acomptes ou changer d'option
Si vous êtes soumis au régime PAS classique et que votre CA varie fortement, modulez sans attendre. La modulation prend effet dans le mois suivant votre demande sur impots.gouv.fr. La sous-estimation des acomptes n'est pas sanctionnée si la différence est inférieure à 10 % du montant dû ; au-delà, une majoration de 10 % s'applique sur la partie sous-estimée.
Pour changer d'option (passer du barème au VL, ou l'inverse), la demande se fait à l'URSSAF avant le 30 septembre pour une application au 1er janvier de l'année suivante. Un changement est irrévocable pour l'année en cours.
Si vous approchez des plafonds du régime micro, anticipez : le passage au régime réel d'imposition modifie en profondeur le calcul de l'impôt. Notre article sur les conséquences du dépassement des seuils auto-entrepreneur vous aidera à préparer cette transition.
Enfin, si vous cumulez votre activité avec un emploi salarié, votre employeur applique déjà le PAS sur votre salaire. Votre taux personnalisé intègre alors l'ensemble des revenus du foyer : pensez à vérifier qu'il est bien actualisé depuis votre espace particulier.
En résumé : le prélèvement à la source classique convient aux auto-entrepreneurs dont les revenus globaux sont élevés et qui souhaitent garder la main sur leur trésorerie via la modulation. Le versement libératoire est plus simple et prévisible pour ceux dont le RFR est sous le plafond - l'impôt est lissé tout au long de l'année, sans mauvaise surprise à la régularisation estivale.
Sources et références
- impots.gouv.fr - Prélèvement à la source : le micro-entrepreneur est-il concerné ?
- impots.gouv.fr - Le versement libératoire de l'impôt sur le revenu
- economie.gouv.fr - Comment fonctionne le versement libératoire de l'IR ?
- autoentrepreneur.urssaf.fr - Modalités d'adhésion au versement libératoire 2026
- impots.gouv.fr - Conditions pour opter pour le versement libératoire
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